Taiji Quan (Tai Chi Chuan) style Yang 杨式, Wu 吳式, Chen 陈式, et Bagua Zhang à Bayeux

Qu’est-ce que le Bagua Zhang ?

… Un des arts martiaux internes chinois bien connus.

On considère Dong Hai-chuan 董海川, né dans le Hebei (1793-1883), comme le fondateur du Ba Gua Zhang (sinogrammes : 八卦掌, pīnyīn : Bā guà zhng). Dong Hai-chuan n’a jamais enseigné de formes (ou taolu) ni de techniques fixes, ainsi selon les élèves, l’aspect varie. En revanche, dès le premier regard, on reconnaît son style.

Après sa mort, chaque élève a organisé son propre enseignement. Progressivement, de génération en génération, des systèmes d’enseignement se sont établis afin de transmettre ce qui avait été reçu par chacun. Les plus connus sont le style Cheng 程式 (Cheng shi Ba gua zhang par Cheng ting-hua 程廷华), le style Yin 尹式 par Yin fu 尹福, le style Zhang par Zhang zhan-kui 張占魁 pour la deuxième génération, et le style plus récent de Jiang rong-qiao 姜容樵 (1891-1974) à Shanghai pour la troisème génération***

Le Ba Gua Zhang, le Hsing I Ch’uan et le Taiji quan sont trois wu shu (arts martiaux) différents mais sont classés en 1894 par les quatre experts Cheng ting-hua 程廷华, Liu weixiang 刘伟祥, Li cunyi 耿继善, Liu de-kuan 刘德宽 comme faisant partie de la même famille, dits styles « internes » 内家拳ou 内功拳. En effet la fluidité dans le geste avec une préférence manifeste pour l’utilisation de l’énergie interne et un refus de la force physique sont dominants par opposition à d’autres arts martiaux chinois déjà bien connus comme le shaolin quan.

Le Bagua zhang se distingue par l’utilisation marquée de la paume de main (c’est-à-dire de la main ouverte, de préférence au poing) avec sa « main du dragon » 龙掌 ou avec sa « main en langue de boeuf » 牛舌掌, par des déplacements circulaires de contournement et « le pas dans la boue » 八卦趟泥步 ou « le pas croché » 摆扣步. Les mouvements en rotation et enroulement sont aussi caractéristiques.

Le Ba Gua Zhang est un art martial fondé sur une stratégie et des techniques changeantes, il est lié étoilement à la philosophie chinoise en rapport avec le processus cosmologique: dans les mutations, le wuji («de rien») 無极 engendre le taiji 太极, le taiji engendre les deux principes premiers (yin et yang), les deux principes premiers engendrent les quatre images ; les quatre images engendrent les huit trigrammes 八卦, puis les cinq éléments 五行. Alors les forces énergiques et les choses apparaissent. A l’intérieur de cette nature, il existe trois règles fondamentales : la règle de la mutation, la règle de l’engendrement et la règle de l’inhibition.

Dans le Ba Gua Zhang la position initiale qui précède toute action est liée au Wuji, l’illimité à partir duquel naît le taiji  Le Taiji lui-même se manifeste dans «la marche en cercle», l’exercice fondamental du Ba gua zhang qui exprime les échanges du Yin et du Yang, les deux extrêmes entre lesquels s’équilibrent le mouvement. Rappelons les deux opposés : inspiration et expiration, vide et plein, ouverture et fermeture, avancer et reculer, extension et flexion, souplesse et dureté, élévation et enracinement . La transformation des techniques et de la force adverse se déroule en se conformant à la mutation et au jeu incessant des opposés complémentaires.

*** Selon le professeur à Pékin (bei jing), Kang ge-wu 康戈武, auteur de «l’encyclopédie des arts martiaux chinois» 中国武木实用大全, on peut classer les arts martiaux en catégories 拳种. Il a recensé 129 catégories dans les arts martiaux ou wu shu chinois 中国武术 en 2007. Par exemple, le Taiji quan n’est qu’une de 129 catégories de wu shu. A l’intérieur de cette catégorie dite Taiji Quan, il existe les styles différents, les plus connus comme Chen 陈式, Yang 杨式, Wu 吳式, Wù 武式 et Sun 孙式. Dans un même style, des différents maîtres renommés peuvent créer leurs propres écoles où les formes ou les enchaînements sont souvent aussi  variées.

par CHIN Shing-Pok

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